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« Bien démarrer son potager bio »

Publié le 25 novembre 2016

Retour en images sur la 6ème et dernière journée de la saison « Mon jardin, je l'aime au naturel » sur le thème « Bien démarrer son potager bio ». Dimanche 6 novembre 2016 à Lablachère.


Sous le doux soleil de novembre, pour ce dernier dimanche de la saison, dix-sept jardiniers amateurs et passionnés se sont rassemblés autour de Valo Dantinne dans les jardins de Terre et Humanisme au Mas de Beaulieu à Lablachère.

Sous un robinier perdant déjà ses feuilles, chacun évoque ses attentes pour la journée : les apports pour la végétation, les moyens alternatifs pour lutter contre les ravageurs, la gestion de l’eau… Après ce bref tour de table, Valo avoue que démarrer un potager bio en abordant tous les thèmes associés nécessiterait plus une semaine qu’une seule journée.

« Faire un jardin en Ardèche n’est pas simple à cause du climat, du manque d’eau et le peu de qualité de la terre, reconnaît Valo. Tout cela représente un gros handicap au départ. » D’où l’absolue nécessité de transformer le sol. Les jardins de Terre et Humanisme sont un bel exemple de cette métamorphose positive. Tout autour de la ferme restaurée, anciennement de la vigne, des genêts scorpion et une végétation pauvre et sèche. Les principes de l’agro écologie ont prouvé qu’il était possible de faire d’un terrain ingrat une véritable oasis. Cette reconquête des jardins s’est effectuée par étape. Trois principes fondamentaux président à cette amélioration : veiller à ce que la terre respire car sans oxygène pas de vie, qu’elle soit toujours humide, mais pas trop, car sans eau pas de vie, et assurer un apport de bonnes matières organiques pour nourrir cette vie. « Ici nous pratiquons une sorte d’esclavagisme car sans relâche nous faisons travailler les champignons, les bactéries et les vers de terre pour donner vie à la terre, sourit Valo. Il faut compter au moins trois ans pour qu’un sol retrouve une dynamique positive. »

La base de cette régénération est le compost, habile équilibre entre les couches de matières organiques brunes riches en carbone, vertes riches en azote et l’humidité. Les bactéries et les champignons s’activent, la température s’élève au sein du compost vivant protégé de la lumière du soleil et des fortes pluies. La matière est brassée et travaillée en quatre bacs successifs et en trois mois il est prêt à l’emploi. Mélangé à la terre, il forme l’humus. « Au printemps on dépose le compost sur le sol, explique Valo. On ne l’enterre jamais, on peut juste gratter en surface pour favoriser la liaison entre le sol et le compost. Il ne faut jamais perdre de vue que tout travail du sol est une perturbation de son équilibre biologique. »

Ici les jardins sont travaillés en buttes suivant les courbes de niveau. Entre ces buttes dans les étroites allées, la paille est travaillée par l’eau ruisselant pendant une année avant de gagner le haut de la butte et servir de protection à la terre. Aucune rotation de culture sur un espace de cette dimension, cela ne sert à rien. L’apport du compost et l’engrais vert suffisent à toujours nourrir la terre. Le jardin est donc à diviser en deux parties. Sur la moitié recevant le compost on cultive les légumes gourmands (pommes de terre, betteraves, choux…), sur l’autre moitié ne recevant aucun apport de compost, on sème et on plante les légumes moins exigeants (carottes, salades…). Cette méthode permet aussi d’associer les légumes et les fleurs pour une consommation équilibrée de l’humus et de garantir la biodiversité sur les buttes. « Il ne faut jamais laisser son sol nu en hiver, appuie Valo. De l’engrais vert, du seigle ou de l’avoine pour décompacter le sol et faire reculer le chiendent, ou même juste laisser vivre les mauvaises herbes offrent une vie à la terre quand on ne cultive pas de légumes. Les plantes nourrissent les micro organismes et l’humus s’enrichit. En revanche dès les premiers beaux jours au printemps, on nettoie pour que le soleil réchauffe la terre. »

Au jardin, rien n’est laissé au hasard, tout geste doit être réfléchi. L’observation est primordiale pour comprendre le fonctionnement de la nature et déterminer quelle stratégie à adopter afin de limiter l’action des ravageurs comme les limaces ou les punaises. Il existe des solutions naturelles à tous les problèmes : laisser des légumes en souffrance dans un coin du jardin pour attirer les ravageurs qui privilégient les sujets malades dégageant une odeur les attirant, planter des aromatiques un peu partout dans le jardin pour brouiller les pistes olfactives, apporter des prédateurs naturels. Parfois, il faut donner un coup de pouce à la régulation naturelle entre les ravageurs et leurs prédateurs. L’invasion des limaces peut nécessiter l’usage de pièges à bière. Dans une boîte en plastique munie d’un couvercle et de trous sur le côté, on verse de la bière et surtout une bonne cuillère à soupe de levure de bière. Les limaces en raffolent et se noient. Il faut vider régulièrement la boîte et en disposer une tous les quatre ou cinq mètres. « Sur un sol sain poussent des légumes sains et donc on trouve moins de ravageurs, assure Valo. Il faut aussi savoir laisser la nature se réguler seule, lui laisser le temps de trouver des solutions. Il faut aussi savoir cohabiter et perdre quelques plants est juste naturel. »

Après le déjeuner, le temps est venu de retrousser les manches et se mettre au travail dans le jardin. Un petit rectangle est décapé à la houe. L’herbe peut être directement mise au compost ou laissée sur le côté, une fois séchée elle servira au paillage. En aucun cas, elle doit être enterrée. La grelinette, outil inventé par André Grelin et dont le brevet a été déposé en 1963, ou l’aérobêche à cinq dent est plantée droit en terre et à l’aide d’un mouvement de balancier la terre est légèrement soulevée et aérée. Puis en reculant, on plante les dents cinq centimètre en arrière et on recommence. Pour une plantation, on peut laisser la terre ainsi, pour un semis on casse les mottes avec une houe ou un râteau et pour un semis fin comme la carotte il faut que la terre soit très fine. En ce mois de novembre, on sème deux rangs de petit pois sur l’extérieur et entre de l’avoine à la volée. On recouvre les rangs et on ratisse finement pour mêler les graines d’avoine à la terre. « Pour faire un engrais vert, qu’il faut toujours faucher avant floraison, l’idéal est de mélanger une légumineuse et une céréale, explique Valo. Quand on fauche, on laisse l’engrais vert sur place pour semer et planter deux ou trois semaines plus tard. Dès que l’on dispose de six semaines devant soi, cela vaut le coup de lancer un engrais vert avec des plantes différentes selon la saison. » Enfin on paille par dessus le semis, légèrement, on doit deviner le sol à travers la paille. Ainsi il est préservé de la pluie et du soleil.

Retour dans la chaleur de la pièce d’accueil. Valo délivre encore quelques conseils sur ce qu’il convient de faire au printemps suivant pour que naisse un jardin bio. « Compost, paillage et engrais vert sont les trois piliers de votre futur jardin pour créer sa fertilité, conclut Valo. »

Cette journée a passé trop vite et vouloir résumer en quelques lignes la science grandeur nature de Valo est tout simplement impossible. Il avait raison de déclarer qu’une journée ne suffirait pas, une semaine non plus d’ailleurs ; une vie au jardin est nécessaire, et encore…

Le prochain rendez-vous est fixé au mois de mars 2017 pour une nouvelle saison d’animations. Si les animations sont gratuites, il est indispensable de réserver au 04 75 36 38 60 car le nombre de places est limité. L’accueil des participants débute à 9h30 pour le début de l’animation à 10h00 jusqu’à 16h30. Pour le midi, prévoir un repas partagé ou un pique-nique. Les animations « Grand Public » sont destinées aux jardiniers en herbe, « Jeune Public » aux enfants à partir de six ans accompagnés au moins d’un adulte.
www.jardins.pnrma.fr

Texte et photos : Bruno Auboiron (EncreS en ScènE)

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