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« Buttes et lasagnes, une autre façon de jardiner »

Publié le 21 novembre 2016

Retour en images sur la 5ème journée de la saison « Mon jardin, je l'aime au naturel » sur le thème « Buttes, lasagnes, une autre façon de jardiner ». Dimanche 9 octobre 2016 à Lachapelle-sous-Aubenas.


En ce dimanche d’octobre, une nouvelle fois ensoleillé, le rendez-vous est fixé dans le jardin de l’association VIE (Vivre les Initiatives Ensemble) en face des locaux de Béthanie à Lachapelle-sous-Aubenas.

  • Bienvenue chez VIE !

Florence, animatrice en agro écologie, accueille les vingt-deux participants adultes sous la serre. Juste à côté une oliveraie travaillée avec modération et respect et une vigne en bio dynamie : donc aucune nuisance à part la route longeant le jardin ! « Ici nous pratiquons l’horti-thérapie et non l’ortie-thérapie, sourit Florence tandis que chacun goûte la tisane d’ortie. Nous oeuvrons en direction des personnes âgées, handicapées, des enfants sur l’éducation à l’environnement. Aujourd’hui, nous allons créer une butte sandwich Morez, un exemple pour cultiver différemment. » Robert Morez était un agronome ayant travaillé sous les tropiques où les sols sont grandement lessivés, alors en imaginant ce type de butte, il permit à tous de reconstituer un sol fertile utilisable immédiatement.

  • Cultiver en butte : pourquoi faire ?

Un rapide tour de table pour que chacun présente succinctement son expérience au jardin et exprime son envie de découverte et d’expérimentation d’une culture autrement au jardin. Puis Florence entre dans le vif du sujet : « La butte n’est pas une technique récente, on en a trouvé la trace datée de quatre mille cinq cent ans avant notre ère en Papouasie et il semblerait aussi en Afrique. Elle est idéale sur les terrains ingrats, augmente la superficie de culture tout en rendant les travaux au jardin moins pénibles avec une terre moins basse, mais son façonnage représente un important chantier. La meilleure période pour la réaliser est l’automne. » En effet c’est à cette saison que l’eau se trouve en abondance et que les déchets végétaux sont les plus nombreux.

Bien sûr la construction d’une butte se prévoit et longtemps à l’avance on met des matériaux de côté ; l’idée est avant tout d’utiliser ce que l’on trouve sur place. « La butte est comme une recette de cuisine, avoue Florence. On la compose avec ce que l’on a autour de soi dans son jardin et son environnement immédiat, l’essentiel étant d’apporter en alternance du carbone avec le bois et les feuilles sèches et de l’azote avec les plantes fraîches et du crottin par exemple. »

  • Place à l'action !

On délimite au sol l’emplacement de la future butte, en forme de fer à cheval arrondi. La longueur de la butte n’a pas d’importance, mais sa largeur ne doit pas être excéder un mètre vingt afin qu’elle puisse être travaillée sans jamais monter sur la terre pour ne pas la tasser. Quant à sa hauteur, elle doit être au moins de cinquante centimètres au-dessus du sol. Plus on la souhaite haute, plus il faut de matériaux pour la monter.

Après une visite rapide du jardin, les participants se séparent en plusieurs groupes. Outils en main quelques uns se relaient pour creuser une tranchée de trente-cinq centimètres de profondeur. Ils déposent la terre, débarrassée de ses racines et autres impuretés, sur des bâches étalées à côté. Pendant ce temps d’autres coupent des branches de mûriers et les effeuillent. Les branches sont sciées en petites sections. La tranchée à bonnes dimensions, le fond est tapissé de bois de toutes sections préalablement mouillé puis généreusement arrosé avant d’être tassé. Le bois en se décomposant apportera une indispensable matière organique. Et contre l’invasion des campagnols ou du moins la limiter, il est possible de disposer un fin grillage au fond et sur les côtés de la tranchée.

  • Le principe d'un mille-feuille

Les participants déposent ensuite successivement des couches de feuilles sèches, de laine de mouton, de sciure. Le tout est arrosé puis du crottin de cheval est étalé avant de tasser à nouveau en piétinant méthodiquement. Des déchets végétaux imbibés d’eau, des feuilles vertes, du crottin et du compost avant le saupoudrage de cendre et de feuilles fraîches d’ortie. Ensuite à nouveau des déchets végétaux, du compost et encore des déchets végétaux sont largement arrosés. « La présence forte de l’eau dans la bute est indispensable pour assurer la bonne décomposition de la matière organique, assure Florence. »

Après la pause déjeuner au cœur du jardin sur des tables en palettes, il est temps de remettre en place la terre mise de côté sur les bâches. Petit à petit la forme de cratère volcanique égueulé se dessine, la butte s’arrondit en hauteur. Par dessus la terre une fine couche de compost est ajoutée et l’ensemble est paillé. Le seul problème de la butte est qu’elle est tellement riche qu’elle permet aux « mauvaises herbes » de proliférer et donc il est indispensable de la pailler. Encore un arrosage sur la paille et la butte est achevée. « Il est possible de planter immédiatement choux, courgettes ou tomates, mais il ne faut rien semer la première année. » Mettant sans attendre en pratique les propos de Florence, les participants plantent quelques végétaux… Et quand la butte, au bout de quatre ans maximum, se sera affaissée, il est possible de rajouter des matériaux pour l’alimenter à nouveau, ou alors en créer une nouvelle.

La journée s’achève autour du traditionnel goûter de brioches et de jus de pomme…
Le prochain rendez-vous est fixé au dimanche 6 novembre à Lablachère pour l’animation « Bien démarrer son potager bio ». Elle sera conduite par l’association Terres et Humanisme dans les jardins de l’association au Mas de Beaulieu. 

Si les animations sont gratuites, il est indispensable de réserver au 04 75 36 38 60 car le nombre de places est limité. L’accueil des participants débute à 9h30 pour le début de l’animation à 10h00 jusqu’à 16h30. Pour le midi, prévoir un repas partagé ou un pique-nique. Les animations « Grand Public » sont destinées aux jardiniers amateurs, « Jeune Public » aux enfants à partir de six ans accompagnés au moins d’un adulte. Le dimanche 9 octobre sera une animation « Grand Public ».

Tout le programme de la saison ici !

Texte et clichés : Bruno Auboiron (EncreS en ScènE)

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