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Ca butine, ça papillonne : les insectes au jardin. Retour sur la journée à la Maison du Parc

Publié le 03 juillet 2014

Retour sur la 3ème journée « Accueillons la nature au jardin : la biodiversité, ça se cultive en famille », sur le thème des Insectes du jardin. Dimanche 29 juin 2014.


Pour ce troisième rendez-vous « Accueillons la nature au jardin, la biodiversité, ça se cultive en famille », le ciel se montre capricieux. Des orage ont animé la nuit et ce matin, si le mont Aigu, le rocher d'Abraham et le rochers de Ladenne et de Courcoussat sont encore enveloppés de nuages lourds et grisâtres, la lumière revient peu à peu et nous laisse espérer de heures de plus en plus belles au fil de la journée. Mais avec toute cette humidité, les participants et les insectes eux-mêmes seront-ils au rendez-vous ?

Petit à petit les premiers participants arrivent. Nicolas Dupieux les accueille dans le jardin alors qu'un coin de ciel bleu apparaît à l'ouest sur les montagne. Une courte étape aux jardins et chacun se réfugie au premier étage du château dans la salle pédagogique. Après une part de brioche et un verre de jus de fruit, chacun prend place ; dix-sept enfants et treize adultes. Les conditions météorologiques incertaines ne les ont pas rebutés...

Vous avez dit insectes ?

Face à ce petit monde attentif, Nicolas présente le déroulement de la journée. Il insiste sur le fait que les insectes sont une composante essentielle de la biodiversité et qu'à ce titre, ils méritent bien qu'on leur consacre une journée.

Maximilien Quivrin se présente à son tour. Entomologiste spécialiste des insectes, il a fondé et anime la Société d'Expertise et de Sensibilisation aux Insectes et à leur Environnement (SESIE) basée dans la Drôme. Il est également l'auteur d'une superbe livret « Insectes-au-logis » qu'il a distribué à cette occasion. Son discours est tout à la fois ludique et pédagogique. « Les insectes font partie du groupe des arthropodes, c'est-à-dire des animaux aux pattes articulées, précise-t-il. Ils possèdent une carapace, comme les chevaliers du Moyen-Âge, six pattes, deux antennes et un corps en trois parties : la tête, le thorax et l'abdomen. Avec leurs antennes, ils peuvent détecter la présence de leurs congénères jusqu'à dix kilomètres de distance.

La grande famille des arthropodes

Le groupe des arthropodes rassemble aussi les arachnides (scorpion, tique, araignée...) à huit pattes et sans antenne, les myriapodes (iule, mille pattes...) de quatorze à huit cents pattes et deux antennes, et les crustacés (homard, crabe, cloporte...) jusqu'à douze pattes et deux à quatre antennes. Mais au sein de cette famille, seuls les insectes sont ailés. « Tout à l'heure dans les jardins, il faudra bien compter le nombre de pattes et les antennes pour savoir qui se trouve dans votre filet, poursuit Maximilien. Certaines araignées se déguisent en fourmis...

Une immense diversité

Les enfants fascinés et les adultes un peu sur la réserve observent ensuite Maximilien sortir de son vivarium des blattes de Madagascar. Ces insectes de belle taille, énervés et mécontents de leur sort, soufflent. Les enfants ne sont pas impressionnés et les prennent dans leurs mains, les adultes aussi, mais plus difficilement. Ce contact favorise l'image positive des insectes auprès des participants. Ce monde miniature rassemble environ trente-cinq mille espèces en France, dont plus de dix mille coléoptères. Le plus grand nombre reste méconnu pour beaucoup et pourtant, ils sont là, autour de nous, tout le temps.

Sur la Terre, le nombre des fourmis est estimé à un milliard de milliard d'individus (soit un "1" et dix-huit "0" derrière !) et plus d'un million d'espèces occupe toute la surface de notre planète. Et sans aucun doute, il en existe encore de nombreuses autres à découvrir. « Le rôle des insectes est très important, assure Maximilien. Sans eux les végétaux ne pourraient pas se reproduire, même avec l'action du vent.

Des animaux utiles...

Pour illustrer son propos, l'animateur distribue une fleur à chaque enfant et trouve un volontaire pour jouer le rôle de l'abeille. Cette abeille improvisée puise le nectar avec sa langue (trompe) pour se nourrir et le ramener à la ruche afin de confectionner le miel. Avec ses mains (pattes) elle récolte le pollen qu'elle distribue au fil de sa visite aux autres fleurs avant d'en rapporter à la ruche pour nourrir les larves. Il en va ainsi dans la nature et cette petite évocation offre une image qui s'inscrit dans l'imaginaire des participants, même des plus grands, qui comprennent ainsi pourquoi il est fondamental de protéger les insectes.

... que chacun peut aider

Un moyen de les aider est de leur fabriquer des abris. Ainsi à base de tiges de bambou ou de renouée liées en fagots, les enfants aidés par les adultes aménagent des nichoirs à osmie, une des représentantes des nombreuses abeilles solitaires dont les espèces se comptent à plus d'un millier. L'osmie adopte une tige creuse, pond un œuf et y dépose de la nourriture avant d'en boucher l'extrémité avec de la terre. Un an après naît une nouvelle abeille. « Ce nichoir s'accroche à un mètre de hauteur minimum, sur un emplacement qui se trouve au soleil le matin et à l'ombre l'après-midi, ou sous un arbre à l'ombre claire, ou encore sous un rebord de fenêtre. Accroché horizontalement ou verticalement, ce ne seront pas les mêmes espèces qui l'occuperont. Mais il ne faut pas que le vent balance ce gîte.


Sur ces derniers mots de Maximilien, avec le soleil revenu, est arrivée l'heure du déjeuner. Bien sûr le pique-nique est pris dans les jardin.

A la chasse aux papillons...

Avant de partir récolter les insectes dans la nature, Maximilien donne quelques consignes d'utilisation du filet à papillon. Il explique aussi qu'il est bon de ne pas prendre un insecte dans sa main avant de l'avoir identifié au risque de se faire piquer ou mordre. Filet traditionnel à papillon, filet fauchoir et parapluie japonais sont autant d'outils indispensables à l'entomologiste comme les boîtes munies d'une loupe sur le couvercle.

Autour des prairies fleuries des jardins, les enfants et les adultes s'activent. Ils essayent tant bien que mal d'attraper abeilles, bourdons, cétoines, punaises, papillons, sauterelles aux longues antennes à ne pas confondre avec les criquets aux courtes antennes... La température un peu fraîche en ce début d'été, le léger vent et le taux conséquent d'humidité de ce jour ne facilitent pas la récolte.

- Maman, maman, regarde. J'ai pris l'araignée.
- C'est bien ma puce. Mais il y en a deux.
- Alors j'ai pris deux raignées.

Dans la bonne humeur et une certaine excitation, les entomologistes en herbe se passionnent pour leur quête. Hanneton de la Saint-Jean, chenille, coccinelle et de nouveaux insectes sont identifiés. Et à chaque fois, Maximilien livre anecdotes et précisions fort précieuses.

La déambulation dans les jardins nous pousse au bord du bassin où libellules et demoiselles attirent notre attention. Elles sont élégantes et colorées. Les premières, pouvant atteindre près de quarante kilomètres à l'heure en vol, gardent leurs ailes écartées quand elles se posent tandis que les secondes les replient au-dessus d'elles. C'est ainsi que l'on peut facilement les identifier. Car pour respecter et protéger, il faut avant tout connaître.

Atelier nichoirs

La quête se termine, l'heure avance. Il est temps d'ouvrir l'atelier de fabrication des abris à insectes. Peu d'outils sont nécessaires pour percer des trous de différents diamètres dans les bûches, aménager un pot de fleur avec de l'herbe sèche tenue en place par une pomme de pin et une ficelle, remplir un large tube en carton de morceaux de roseau fendu. Les enfants réalisent ces abris en compagnie des adultes et ils les imaginent déjà occupés par des perce-oreilles, des abeilles et autres insectes indispensables à la vie de l'humanité...

Texte et clichés : Bruno Auboiron

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Mission suivie par

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Chargé de mission : Nicolas Dupieux

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