Parc Naturel Régional des Monts d'Ardèche

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Je plante des arbustes pour les insectes et les oiseaux. Retour sur la journée à la Maison du Parc

Publié le 04 décembre 2014

Retour sur la 7ème journée « Accueillons la nature au jardin : la biodiversité, ça se cultive en famille », sur le thème des arbustes et des haies. Dimanche 30 novembre 2014.


La saison des Dimanches au Jardin va bientôt s’achever. Aujourd’hui, nous sommes réunis au siège du Parc naturel régional des Monts d’Ardèche pour l’avant dernière fois… de cette année !

  • « A la Sainte-Catherine, tout bois prend racine »

Ce dicton souligne la justification de notre présence en ce dimanche 30 novembre pour découvrir et planter une haie aux essences indigènes. Bon d’accord, la Sainte-Catherine est fixée au 25 novembre et nous avons cinq jours de retard, mais il n’est jamais trop tard pour bien faire. Et puis quelle valeur ces observations de nos anciens garde-t-elle en ces temps de changement climatique ? Nicolas Dupieux du Parc naturel régional et Florence Frogé, animatrice agro écologique à l’association VIE (Vivre les Initiatives Ensemble) de La-Chapelle-sous-Aubenas, ne répondront pas à cette question. Le premier, grand maître de cérémonie, gère d’un œil bienveillant et efficace le bon déroulement de la journée ; la seconde nous prend par la main pour pénétrer le monde touffu de la haie, véritable refuge pour la faune sauvage de nos jardins et de nos campagnes.

Ainsi nous apprenons qu’il est possible de créer une haie dans son jardin, action salutaire pour la biodiversité. Mais attention, il y a haie et haie. C’est ce que la quinzaine d’enfants et la douzaine d’adultes rassemblées ce jour vont découvrir.

  • La haie : tout une histoire

La haie est aussi vieille que les prémices de l’agriculture, au Néolithique. Il s’agissait alors de haies sèches constituées d’amas de branches mortes ou de pierres sur lesquelles se développaient les plantes pionnières. Au Moyen-Age sont apparues les « fassines », branches entremêlées comme de la vannerie, clôturant les jardins. Plus tard le bocage transformant le paysage en une mosaïque de pâturages a pris corps. « La haie a vu son déclin arriver dans les années cinquante avec l’arrivée de la mécanisation, assure Florence. Il fallait alors créer de grands espaces pour produire beaucoup après la guerre. Le remembrement a eu pour effet l’arrachage des haies à grande échelle avec une profonde modification du biotope. La faune sauvage perdit de précieux espaces de vie, l’érosion par les eaux de pluie fut accentuée et les inondations favorisées. »

  • Pladoyer pour des arbustes locaux

Une haie variée est riche de fleurs et de fruits. Cornouiller, sureau, aubépine, fusain ou bonnet d’évêque, houx, noisetier, sorbier et tant d’autres arbustes et arbres qui la rendent belle. « L’idéal pour une haie est de disposer de plusieurs étages de végétation dont la floraison s’étale tout au long de l’année, poursuit Florence. La haie peut être esthétique, mais aussi elle peut sentir bon au moment de la floraison grâce au chèvrefeuille par exemple. »

A l’opposée des haies de thuyas et de lauriers que l’on trouve trop souvent autour des maisons et qui ne présentent que très peu d’attraits à tous les niveaux, la haie vive abrite des stars du monde végétal. Le noisetier nourrit les écureuils, les sitelles et les mulots ; la ronce accueille une trentaine de variétés de chenilles et nous en apprécions les mûres ; l’églantier protège de ses épines les nids des oiseaux ; les fauvettes et les merles raffolent des baies du sureau dont nous faisons du vin, du sirop et des tartes ; le lierre est souvent la dernière source de nectar à l’automne pour les insectes, et ses baies hivernales attirent les oiseaux. « La haie est le lieu de vie d’une faune abondante car hormis les oiseaux, on trouve au sol des mammifères, des rongeurs, des batraciens et une foule d’insectes, indique Florence. Grâce aux haies et aux fleurs, nous avons une multitude de variétés de papillons alors qu’aux Pays-Bas par exemple, il n’en reste plus qu’une sorte. » Appuyant son propos, des images d’animaux défilent sur l’écran. Les enfants les identifient sans trop de difficulté, du moins les plus grands. « C’est une souriquette là, s’exclame une jeune enfant. Non c’est une musaraigne, s’amuse Florence. »

La matinée passe ainsi alors qu’à l’extérieur le ciel ne s’éclaircit pas. Malgré tout, nous tentons une petite sortie pour reconnaître les végétaux autour du château. Des nuages bas flottent au fond de la vallée sous le mont Aigu. La pluie devient plus forte et nous force à rentrer.

  • En pratique, la plantation d'une haie pour la biodiversité

Après le déjeuner à l’abri, une fois n’est pas coutume, il est temps de ressortir sous une pluie légère afin de procéder à la plantation d’une haie. Chaque enfant muni d’une petite pelle et aidé par ses parents creuse un trou à la grandeur nécessaire. Pour les plantes en pot, il suffit de déposer au fond du trou de la corne broyée et du compost apportant la nourriture indispensable à la reprise du végétal. Pour celles qui sont à racines nues, le pralinage est indispensable. Dans un seau, Florence et quelques enfants  mélangent de la bouse de vache à de l’argile et de l’eau pour obtenir la consistance d’une pâte à crêpe, ensuite les racines sont soigneusement enveloppées de cette matière. Dix litres d’eau d'arrosage par plante et on paille la terre en surface… En moins d’une heure, les plantations sont achevées. « Bien sûr la haie peut être taillée, mais dans ce cas il faut réaliser cette opération en dehors de la période de reproduction et de nidification des oiseaux, mais il est intéressant de laisser vivre la haie, appuie Florence. »

  • Et le bouturage ?

Quelques participants courageux se rassemblent à l’abri du porche pour apprendre à bouturer ; les autres ont déclaré forfait… Il faut utiliser un sécateur désinfecté et ne jamais prendre la bouture sur un rameau en fleur car la plante concentrera son énergie sur la fin de la floraison plutôt qu’à produire des racines. Preuve à l’appui, Florence explique : « On coupe en biais au-dessus d’un bourgeon un morceau d’une quinzaine de centimètres. On pince les feuilles en bas de la tige et on la plante dans un godet rempli de terre et de compost. On tasse bien la terre autour de la tige, un petit peu d’eau et on laisse faire la nature. » Certes la bouture ne fonctionne pas à chaque fois, mais quand on veut planter une longue haie et que l’on a pris soin de prévoir ses boutures l’année précédente, cette méthode est économique.

Sourire aux lèvres, les enfants et leurs parents, après le goûter, partent avec des plantes en pot, à racines nues et des boutures à installer dans leur jardin pour le bien-être de la faune locale et le plaisir des yeux.

Malgré le ciel plus que maussade, ce fut encore une belle journée.

Texte et clichés : Bruno Auboiron

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Chargé de mission : Nicolas Dupieux

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