Parc Naturel Régional des Monts d'Ardèche

Actualités

Retour à la liste

Jardinons sans pesticides : les plantes pour soigner le jardin

Publié le 22 octobre 2012

Retour sur la 5ème rencontre au jardin

Thème : "identification, transformation et utilisation des plantes pour soigner le jardin" aux jardins de la Carotte Ébouriffée le 14 octobre 2012.


Les participants

Une vingtaine de personnes étaient présentes pour assister à cette dernière rencontre de l’année et braver des conditions météorologiques automnales.

La visite des jardins de La Carotte Ébouriffée

Eva est notre guide tout au long de cette visite où sont abordés différents thèmes du jardinage au naturel : 

  • le paillage, ici réalisé à l’aide de laine de mouton, 
  •  les bacs à compost en bois, 
  • l’accueil de la biodiversité avec des différents refuges à insectes : pots suspendus à l’envers emplis de paille pour les perce-oreilles, mare pour les libellules... 
  • le choix de désherber le moins possible et donc de laisser pousser les plantes sauvages, utiles à la fois pour l’homme (car comestibles) et pour la santé du jardin (préparation de purins, de décoctions...).

D’autres thèmes sont également abordés :

  • Contre l’intrusion de sangliers fréquente dans le coin, une barrière autour des parcelles a été construite avec des dosses de fayard renforcées par du grillage. 
  • La ronce est particulièrement envahissante. Mais savez-vous que ses racines une fois séchées et broyées peuvent servir d’hormone de croissance naturelle et gratuite pour faciliter les boutures ? En effet, elles contiennent en quantité importante une phytohormone appelée auxine. A présent, vous regarderez la ronce d’un œil différent... La fin de matinée se termine par la cueillette de quelques plantes comestibles pour la préparation d’une salade sauvage riche en vitamines et oligo-éléments : plantain, mélisse, pissenlit, nombril de Vénus... Et hop, nous voilà tous au chaud en salle pour un pique-nique bien mérité ! Puis, après une tentative de sortie, la pluie nous oblige à retrouver la douceur de notre lieu de repas pour l’après-midi.

Petit cours de Valo où comment expliquer les mécanismes de défense des plantes en une leçon

Lorsque la plante subit une agression, il y a abandon cellulaire au niveau de la partie atteinte, puis la plante produit des phytohormones qui permettent de donner l’alerte aux autres cellules et d’organiser le système de défense de la plante. Ainsi, des métabolites (phénols, esthers...), stockés dans des réserves appelées vacuoles après avoir été fabriqués à partir de sucres eux-mêmes élaborés grâce à la photosynthèse, sont utilisés pour permettre à la plante de se défendre.

Lors d’une attaque, que se passe-t-il ? Lorsqu’une plante est attaquée, un rougissement se produit autour de la lésion. Cette coloration rouge est due à la libération des métabolites contenus dans les vacuoles. Il y a alors fabrication de mélanine qui crée une barrière contre les champignons et les bactéries. Les cellules malades sont ainsi isolées et abandonnées. C’est le phénomène de cloisonnement (le lieu d’attaque sur la feuille est entouré de rouge, le reste de la feuille est vert). Lorsque la plante se défend bien, le travail du jardinier consiste à permettre à la plante de reconstituer ses réserves rapidement à l’aide de préparations naturelles stimulantes telles que l’extrait fermenté de consoude. Si la plante cloisonne mais que l’attaque continue de progresser (la feuille se décolore), il faut aider la plante à se défendre car elle n’y parvient pas seule. Le jardinier utilisera alors des préparations fongicides.

Les différentes préparations où comment devenir le médecin de son jardin

  • Les extraits fermentés : on plonge 1kg de plantes fraîches dans 10 litres d’eau (de pluie ou de source de préférence). Sous l’action de la fermentation, des bulles vont apparaître. On mélange tous les jours jusqu’à disparition des bulles. Puis on filtre. L’extrait se conserve 1 mois. Si l’on y ajoute du petit lait (10cl pour 40 litres d’extrait), on peut conserver la préparation 1 an. Les extraits sont ensuite dilués en fonction des usages. 
  • La macération : on fait tremper 1kg de plante fraîche dans 10 litres d’eau froide pendant 1 à 3 jours, puis on filtre. 
  • L’infusion : on plonge la plante fraîche (250g) ou sèche (25g) dans 1 litre d’eau froide que l’on met à chauffer. Dès ébullition, on retire du feu et on laisse infuser 5 à 10 minutes. 
  • La décoction : on plonge la plante fraîche (250g) ou sèche (25g) dans de l’eau froide pendant quelques heures, puis on fait chauffer la préparation à feu moyen et on laisse bouillir 20 minutes. On filtre.

Quelles plantes pour quels usages ? 

  • L’ortie stimule la croissance des plantes car elle est pleine de vitamines et d’oligo-éléments. Une décoction de ses racines à l’automne est aussi un très bon fongicide. 
  • La consoude qui est riche en potasse favorise la fructification. Pour stimuler la croissance des plantes au printemps, les extraits fermentés de feuilles d’ortie et de consoude dilués à 10% seront utilisées en arrosage sur le sol autour des pieds. 
  • La décoction de prêle contenant de la silice renforce l’immunité de la plante et l’aide à lutter contre les diverses attaques. 
  • L’extrait fermenté de fougère dilué à 10% est un bon insecticide. Il est efficace contre les larves du sol. L’extrait fermenté, précédé 15 jours plus tôt de tourteaux de ricin, permet de lutter contre le taupin. 
  • La bardane est très riche en potasse donc on veillera à l’utiliser au maximum deux fois dans l’année. En extrait fermenté, elle est utilisée en préventif contre le mildiou de la pomme de terre. Elle est encore plus efficace associée aux extraits d’ortie et de consoude (cocktail OCB). 
  • L’infusion de reine-des-prés ou de valériane permet aux plantes d’activer leur système de défense avant une agression. Celles-ci deviennent ainsi vigilantes. Par exemple, en pulvérisation le soir, elles sauront plus facilement résister aux petites gelées nocturnes. 
  • Les infusions de feuilles et fleurs de tanaisie, d’absinthe, de sureau, de lierre... ont une action insecticide et fongicide. 
  • Les infusions de plantes riches en huiles essentielles (thym, lavande, sauge...) ont, par leur odeur forte, une action répulsive contre les insectes. 
  • La bouillie cuprique est une alternative à la bouillie bordelaise (qui agresse la plante et stérilise les sols) : pour sa fabrication, on fait macérer des graines de lin broyées dans du vinaigre de vin pendant 2 semaines puis on filtre. On prélève 50 ml de cette macération à laquelle on ajoute 5 ml de sulfate de cuivre à 10% et 10 litres d’eau. C’est prêt.

Et pour parodier le vieux diction : Qui a de la sauge dans son jardin n’a pas besoin de médecin !
Nous pouvons dire : Qui a de l’ortie en terre n’a pas besoin de phytosanitaire !

Article rédigé par Delphine Dacher, Association Savoirs de Terroirs

Calculer votre itinéraire

Pour aller plus loin

Mission suivie par

Elu référent : Raoul L'Herminier

Chargé de mission : Nicolas Dupieux

NDPatrimoine naturel et environnement

Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche 
Domaine de Rochemure 
07380 JAUJAC 
Tél. : 04.75.36.38.60.
Portable : 06.19.21.68.34.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Le Parc en images



Voir la photothèque