Parc Naturel Régional des Monts d'Ardèche

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« Un jardin pour nos amis les oiseaux ». Retour en images sur l'animation du 19 juin à Sainte-Eulalie.

Publié le 04 juillet 2016

Retour en images sur la 3ème journée de la saison « Mon jardin, je l'aime au naturel » sur le thème « Un jardin pour nos amis les oiseaux ». Dimanche 19 juin 2016 à Sainte-Eulalie.


Onze adultes et huit enfants sont venus à Sainte-Eulalie en ce dimanche de juin. À deux jours de l’été, il fait froid, il bruine et le vent souffle. Le rendez-vous est donné à la ferme de Clastre, au cœur du village. Une des responsables de l’association Liger accueille les participants en ce lieu d’origine religieuse. « Ce sont trois moines qui s’installèrent ici et fondèrent ce prieuré qui se transforma en une ferme exploitée jusqu’en 1975. Elle fut ensuite préservée en témoignage du patrimoine local et classée Monument Historique en 1984. » La ferme est désormais entourée de l’hort de Clastre ; hort signifiant jardin en occitan d’où le mot horticulture… Nicolas Dupieux prend ensuite la parole et présente brièvement le Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche, ses missions et en particulier l’action menée aujourd’hui. Il en profite pour remercier l’association Liger pour la qualité de son accueil.

  • Les oiseaux, des espèces menacées

Rentrons dans le vif du sujet. Nicolas Duroure de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) explique : « Mon travail est de protéger les oiseaux et aujourd’hui nous allons les aider en leur fabriquant des nichoirs car certains ne trouvent plus assez de trous dans les pierres et le bois pour nicher. » Confortablement installés dans l’ancienne cuisine de la ferme, tous écoutent attentivement l’exposé particulièrement accessible aux enfants. Avec la disparition des haies, le « busage » des rus, le développement de la monoculture, le bocage s’est appauvri. L’évolution du paysage a grandement nui à la diversité animale. Certes la campagne autour de Sainte-Eulalie n’est pas vraiment concernée par ce phénomène, mais des études régulières attestent de la raréfaction des oiseaux des champs alors que la population de pigeon des villes augmente. La pression urbaine, agricole, cynégétique et dans une moindre mesure touristique contribuent à la diminution des populations d’oiseaux. Alors, que peut-on faire pour les aider ?

  • Aménager un refuge pour les oiseaux

« Il est très efficace d’aménager son jardin pour en faire un refuge à oiseaux et autres petits animaux, explique Nicolas. Faire un jardin au naturel, voilà le secret. » Une petite mare, laisser pousser l’herbe et les fleurs en bannissant la tondeuse dominicale, planter une haie avec différentes variétés d’arbustes produisant des baies comestibles, laisser des tas de bois en place, un vieil arbre servira de refuge tout comme un mur en pierres sèches : bref des lieux où s’épanouissent insectes, petits mammifères et oiseaux des jardins. Et au sein de ces jardins, l’idée est d’installer des nichoirs et des mangeoires. « Un nichoir bien conçu et bien placé, ça fonctionne à tous les coups, sourit Nicolas. Bien sûr s’il est fermé, le trou d’entrée doit être adapté à l’oiseau que l’on désire accueillir, mais nous verrons cela plus tard. » Toutefois la volonté de choisir un type de nichoir pour un type d’oiseau reste du domaine de la théorie car d’autres oiseaux peuvent s’y installer. La nature fait un peu ce qu’elle veut. Et tant mieux !

  • Quiz : quel est cet oiseau ?

Avant la balade autour de la ferme, Nicolas diffuse des photos d’oiseaux, petite révision pour petits et grands avant de partir à leur découverte grandeur nature. Les enfants reconnaissent le merle noir, la mésange bleue, le bouvreuil qui adore manger les bourgeons des arbres, la mésange charbonnière, l’hirondelle, le chardonneret élégant qui porte ce nom car il apprécie les petites graines des fleurs de chardon, le gros-bec qui parvient à casser les noyaux de cerise, le pinson des arbres, la sitelle torchepot qui vit en forêt, le verdier… Les oiseaux mâles se parent de belles couleurs pour attirer les femelles alors que ces dernières arborent un plumage plus discret pour se protéger au nid. Cette précaution n’empêche pas l’épervier de parfois se régaler de passereaux ayant trouvé le gîte et le couvert dans un jardin refuge. « Tous les passereaux sont protégés et leur chasse est totalement prohibée, précise Nicolas, qu’elle soit à la glu déposée sur les branches des arbres ou au filet par exemple. » Il est aisé d’observer les oiseaux des jardins tout au long de l’année. Un nichoir au printemps, une mangeoire en hiver et hop, le tour est joué. Ces oiseaux ne sont pas tous des migrateurs au long cours, certains quittent la Montagne Ardéchoise et s’arrêtent à peine plus bas au soleil du sud du département. D’autres se posent là où ils trouvent à manger en suffisance et des conditions de vie acceptables. « L’hiver dernier, nous avons vu arriver au village une grande quantité de pinson du nord, témoigne une habitante de Sainte-Eulalie. » Il y a quelques années, ces mêmes oiseaux étaient plus d’un million sur les crêtes autour de Mézilhac…

  • Petit exercice avant l'observation de terrain

Un dernier petit temps avant la balade. Nicolas installe sur une table des silhouettes peintes de rapaces et des étiquettes portant leur nom. Il aide les enfants à réussir les bons mariages, les guide à peine. En spécialiste qu’il est, il livre une foule d’informations sur le faucon pèlerin, oiseau au vol le plus rapide, l’aigle présent à la Croix de Bauzon et ailleurs aux alentours, le milan reconnaissable à sa queue en V… Et comme le ciel ne se montre toujours pas clément, l’heure du déjeuner est avancée. La cuisine de la ferme résonne des bruits du repas partagé.

  • Atelier bricolage : construction de nichoirs

Une petite accalmie de courte durée permet à Nicolas de guider les participants dans le jardin de la ferme. Sur la branche basse d’un arbre, un chardonneret élégant se laisse observer. Il regarde placide petits et grands jumelles rivées aux yeux. Puis, jugeant qu’il a assez longuement posé, il s’envole d’un coup d’aile. Apparition furtive, un faucon crécerelle traverse le ciel gris, tandis qu’un pinson n’offre que son chant. Mais la pluie revient trop vite et raccourcit le temps de la promenade… De retour dans la vaste étable de la ferme, Nicolas explique le nichoir : comment le fabriquer, l’installer, l’entretenir. Sa hauteur de fixation sur l’arbre, son orientation et sa protection contre les éventuels prédateurs sont aussi des notions importantes à ne pas négliger. Il propose ensuite deux types de nichoir à réaliser : celui en boite aux lettres et celui ouvert. Rouge-queue, bergeronnette grise, rouge-gorge et gobemouche vont adorer ce dernier. Pour le nichoir boite aux lettres, il convient de choisir le diamètre du trou d’entrée : 28 millimètres pour la mésange bleue, 32 mm pour la mésange charbonnière, 40 mm pour le moineau domestique, 50 mm pour le pic épeiche et la sitelle torchepot.


Le choix est difficile, mais le plan en main, les enfants s’installent autour des quatre tables faisant office d’établis. Ils mesurent, tracent, coupent et assemblent avec l’aide des adultes. La fabrication va bon train. La grange vibre comme une véritable ruche de menuisiers en herbe, une fourmilière d’apprentis. Peu à peu les nichoirs prennent forme. Quatre ou cinq morceaux de planche convenablement sciés, des clous ou des vis, le trou d’entrée ménagé, et voilà l’objet fini pour le plus grand plaisir des enfants et plus tard des oiseaux. Chaque famille repartira avec deux nichoirs différents à installer dans leur jardin avec l’espoir d’une fréquentation rapide et assidue.


Une dernière petite virée autour de la ferme pour observer encore quelques oiseaux entre deux averses et arrive l’heure du goûter. Brioche au sucre et aux fruits confits, jus de pomme, le tout dégusté dans l’ancienne cuisine de la ferme. Encore un beau dimanche pour la nature et les familles.


Le prochain rendez-vous est fixé au dimanche 11 septembre à Moudeyres pour l’animation « Hérisson, chauve-souris, hermine… les petits mammifères de nos jardins ». Elle sera conduite par le Centre Permanent d’Initiation à l’Environnement du Velay (CPIE) dans le jardin d’un particulier passionné de nature. Si les animations sont gratuites, il est indispensable de réserver au 04 75 36 38 60 car le nombre de places est limité. L’accueil des participants débute à 9h30 pour le début de l’animation à 10h00 jusqu’à 16h30. Pour le midi, prévoir un repas partagé ou un pique-nique. Les animations « Grand Public » sont destinées aux jardiniers en herbe, « Jeune Public » aux enfants à partir de six ans accompagnés au moins d’un adulte. Le dimanche 11 septembre sera une animation « Jeune Public ».

Tout le programme de la saison ici !

Texte et clichés : Bruno Auboiron (EncreS en ScènE)

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Mission suivie par

Elu référent : Raoul L'Herminier

Chargé de mission : Nicolas Dupieux

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