Parc Naturel Régional des Monts d'Ardèche

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Une mare pour les grenouilles et les libellules : retour sur la journée à la Maison du Parc.

Publié le 03 octobre 2014

Retour sur la 4ème journée « Accueillons la nature au jardin : la biodiversité, ça se cultive en famille », sur le thème de la Mare. Dimanche 21 septembre 2014.


Comme un signe bienveillant de la nature, le ciel se dégage en ce début de matinée. Le soleil prend largement sa place dans le ciel redevenu bleu. La mare aux libellules, située à mi-chemin entre le château de Rochemure, siège du Parc naturel régional des Monts d’Ardèche, et le cratère du volcan endormi de Jaujac, attend notre visite.

Avant de partir sur le sentier, une petite présentation de la journée derrière les murs protecteurs du château. Le spécialiste du jour est Dimitri Moine de la Frapna (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature). Avec « Mare où es-tu ? », l’inventaire des mares en Rhône-Alpes pour mieux les protéger, cette structure est tout indiquée pour animer cette journée.

  • La mare : un écosystème fragile et menacé

Attentifs aux propos de Dimitri, neuf enfants et onze adultes découvrent ce qu’est réellement une mare : « C’est une étendue d’eau peu profonde et de petite taille, sinon elle serait un étang puis un lac. La mare est alimentée par de l’eau de source, de ruissellement ou une nappe phréatique, son niveau varie donc au fil des saisons. Elle agit comme un filtre naturel qui piège les polluants si ceux-ci sont en quantité raisonnable et ne perturbent pas son fragile équilibre écologique. » Autrefois autour de la mare s’organisait la vie quotidienne du monde rural. Son eau servait à abreuver le bétail, élever des canards, traiter le lin et le chanvre. La mare était donc très souvent une création humaine. Aujourd’hui elles n’a plus d’autres utilités qu’écologique ou esthétique. « Au cours des trente dernières années, on a perdu plus de la moitié des zones humides en France et le nombre des mares est dix fois moins élevé qu’au début du XXème siècle, regrette Dimitri. Et accompagnant leur disparition, de nombreuses espèces végétales et animales se raréfient. »

  • A la découverte du petit peuple de la mare

La mare est donc véritablement un milieu vivant, et après cette petite présentation en intérieur, Dimitri distribue quelques épuisettes, aquascopes (sorte de grosse lentille pour voir sous la surface de l’eau) et aquariums. Il est temps de gagner le bord du vaste bassin rectangulaire du château. Chaque enfant, sous la surveillance vigilante des parents, puise dans l’eau matière à émerveillement, scrute sous l’eau un peu trouble pour découvrir l’invisible depuis la surface. « Trop top, j’ai pêché une p’tite bête, s’exclame un enfant, tout joyeux dressant son épuisette à bout de bras. Regarde, elle bouge ! » Avec l’aide de Dimitri, la petite bête est délicatement déposée dans l’eau de l’aquarium, puis identifiée. Il s’agit d’un gerris, nommé à tort araignée d’eau. Elle marche sur l’eau et cela amuse les plus petit.

L’occasion est belle pour Dimitri, à la fin de cette première récolte d’animaux d’évoquer la vie grouillante de la mare. Outre les gerris, l’eau accueille de nombreuses larves de moustiques, de demoiselles, de libellules, le dytique (un coléoptère), les gyrins nageant en groupe comme des fous à la surface, les punaises telles que la nèpe et notonecte, et bien sûr, même si nous n’en avons pas vu aujourd’hui, les gammares, petite crevette nettoyeuse de la mare. Ici, malheureusement des poissons rouges introduits par l’homme il y a deux ans se multiplient trop vite et causent des ravages au sein de ce petit monde. Ces derniers, ainsi que la tortue de Floride, n’ont pas leur place dans nos mares. Qu’on se le dise !

Reprenant l’équipement en main, nous rejoignons à présent la mare aux libellules. Là un enfant capture une grenouille rousse dans son épuisette. Plus gros et plus visibles, les amphibiens dont le crapaud à ventre jaune, en grand danger d’extinction, l’alyte accoucheur dont le mâle conserve sur lui les œufs fécondés jusqu’à leur éclosion. Dans les arbres, des aulnes caractéristiques des abords des mares, la rainette méridionale vit hors de l’eau la plupart du temps. « Dans les mares du sud de l’Ardèche, nous ne trouvons que le triton palmé, assure Dimitri. Les autres espèces vivent plus au nord vers Annonay. »

À l’évocation des serpents que sont les couleuvres à collier, vipérine ou encore verte et jaune, les enfants reculent d’un pas. Pas de danger, elles sont inoffensives si on sait les laisser tranquille. Reste alors la salamandre, magnifique animal jaune et noire, dont la mauvaise réputation lui causa bien des soucis. Dans les airs les libellules dansent un magnifique ballet. Il est tard dans la saison pour en admirer beaucoup, mais celles qui nous font l’honneur d’une petite visite sont belles et gracieuses. On en compte  une centaine d’espèces en Rhône-Alpes, dont soixante-neuf en Ardèche… La matinée s’achève avec le retour au château pour le déjeuner sur l’herbe.

  • Des plantes aquatiques adaptées

En ce début d’après-midi, une nouvelle visite à la mare aux libellules. Le but cette fois est de prélever quelques plantes aquatiques afin de les transférer dans la petite mare de l’école de Jaujac. « Selon la profondeur de la mare, de sa rive à son point le plus profond, les plantes ne sont pas les mêmes, souligne Dimitri. Sur la rive poussent le lycope d’Europe, l’iris à fleur jaune, la menthe aquatique. Plus loin, les pieds dans l’eau, on trouve la massette, le roseau, le rubanier et au milieu le nénuphar et la renouée amphibie. »

Armé d’une bêche et chaussé d’une paire de bottes, Nicolas tire délicatement de la vase et de la terre du bord de la mare quelques plants de rubanier, massette, prêle et lycope d’Europe. Cette mare, comme la plupart, nécessite un entretien régulier car le développement de la végétation et l’apport du limon avec les eaux de ruissellement favorisent son comblement. Sans l’intervention humaine, elle se refermerait très vite et toute la vie aquatique disparaîtrait.

  • L'école du village a aussi sa mare

Une petite randonnée pour rejoindre le jardin de l’école du village. Autour de la mare, chaque enfant aide Isabelle, l’institutrice, à déposer dans la minuscule mare les plantes rapportées. La mare est un milieu privilégié et facile d’accès pour découvrir la nature et quelques notions d’écologie. En aménager une dans son jardin est chose aisée et riche d’enseignements. L’idée trotte déjà dans la tête des enfants. D’ailleurs tous ont de sourire. Ils ont découvert un monde ignoré et fascinant.

La journée se termine sous le grand poirier du jardin de l’école pour le temps du goûter. Encore un beau moment passé au jardin…

Texte et clichés : Bruno Auboiron

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Mission suivie par

Elu référent : Raoul L'Herminier

Chargé de mission : Nicolas Dupieux

NDPatrimoine naturel et environnement

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Domaine de Rochemure 
07380 JAUJAC 
Tél. : 04.75.36.38.60.
Portable : 06.19.21.68.34.

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